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Fin juillet, ce geste sur vos tomates peut faire toute la différence pour obtenir de plus beaux fruits

Maison 27 JUILLET 2026 7 min de lecture Nous suivre sur Google

Fin juillet, les plants de tomates sont souvent au sommet de leur croissance.

Les tiges s’élancent, les feuilles se multiplient, et quelque part entre l’enthousiasme du jardinier et la générosité de la plante, on oublie l’essentiel : ce n’est pas le nombre de fleurs qui compte, c’est la capacité du plant à nourrir correctement chaque fruit.

Un seul geste, pratiqué au bon moment, peut littéralement transformer la récolte.

Beaucoup de jardiniers le négligent par peur de « abîmer » leur plant.

C’est pourtant lui qui fait toute la différence entre des tomates petites et fades, et des fruits charnus, sucrés, récoltés avant les premières maladies de l’automne.

Pourquoi fin juillet est un moment charnière pour vos tomates

À la fin du mois de juillet, la plante entre dans une phase décisive. Elle a déjà produit plusieurs grappes de fleurs, certaines sont en train de nouer leurs fruits, d’autres viennent tout juste de s’ouvrir. Le problème, c’est que la saison de culture en plein air en France métropolitaine est limitée. Les premières fraîcheurs nocturnes arrivent généralement en septembre, et avec elles, le risque de mildiou explose.

Le plant de tomate, lui, ne le sait pas. Il continuerait volontiers à pousser, à fleurir, à former de nouvelles tiges indéfiniment si on le laissait faire. C’est sa nature. Mais toute l’énergie qu’il dépense à créer de nouvelles pousses et de nouvelles fleurs est autant d’énergie qu’il ne consacre pas aux fruits déjà formés. Et c’est là que le jardinier doit intervenir.

Le geste en question : l’écimage des plants de tomates

L’écimage, aussi appelé pincement de la tige principale, consiste à couper l’extrémité de la tige principale du plant de tomate. En supprimant ce bourgeon terminal, on stoppe net la croissance verticale de la plante et on lui envoie un signal clair : il est temps de concentrer toutes ses ressources sur les fruits déjà en développement.

Ce geste est simple, rapide, et ne nécessite pas de matériel sophistiqué. Une paire de sécateurs propres et désinfectés, ou même une simple paire de ciseaux bien tranchants suffisent. L’important est que la coupe soit nette pour ne pas déchirer les tissus et créer une porte d’entrée aux maladies.

Comment pratiquer l’écimage correctement

  1. Repérez la tige principale de votre plant, celle qui monte verticalement et autour de laquelle s’organisent les tiges secondaires et les grappes de fleurs.
  2. Comptez deux feuilles au-dessus de la dernière grappe de fleurs que vous souhaitez conserver.
  3. Coupez la tige à cet endroit, juste au-dessus de cette deuxième feuille.
  4. Laissez ces deux feuilles en place : elles continueront à produire de la photosynthèse et à alimenter les fruits situés en dessous.

Ces deux feuilles conservées au-dessus de la dernière grappe ne sont pas là par hasard. Elles jouent un rôle actif dans la maturation des fruits. Les supprimer serait une erreur fréquente chez les jardiniers débutants.

Combien de grappes faut-il conserver avant d’écimer ?

La réponse dépend de plusieurs facteurs : la variété cultivée, votre région, et la date à laquelle vous réalisez l’opération.

En règle générale, pour une culture en plein air dans la majorité des régions françaises, on conseille de conserver entre 4 et 6 grappes par plant avant d’écimer. Si vous habitez dans le Sud de la France, où la saison chaude se prolonge plus longtemps, vous pouvez vous permettre de laisser jusqu’à 7 ou 8 grappes. En revanche, dans les régions plus fraîches ou soumises à des automnes précoces, il vaut mieux s’en tenir à 4 ou 5 grappes maximum.

L’objectif est toujours le même : s’assurer que tous les fruits conservés auront le temps de mûrir correctement avant que les températures ne chutent.

Les variétés indéterminées, les premières concernées

Toutes les tomates ne sont pas logées à la même enseigne. On distingue deux grands types de plants :

  • Les variétés à croissance indéterminée : elles poussent sans s’arrêter tout au long de la saison. C’est le cas de la plupart des variétés traditionnelles comme la Marmande, la Cœur de bœuf, la Roma, la Cornue des Andes ou encore la tomate cerise classique. Ce sont elles qui bénéficient le plus de l’écimage de fin juillet.
  • Les variétés à croissance déterminée : elles s’arrêtent naturellement de pousser une fois qu’elles ont atteint une certaine taille et produit un certain nombre de grappes. L’écimage est moins indispensable pour elles, même s’il peut tout de même être pratiqué.

Si vous ne savez pas à quelle catégorie appartient votre variété, observez simplement le comportement de votre plant. S’il continue de monter et de produire de nouvelles pousses sans s’arrêter, vous avez affaire à une variété indéterminée.

Les autres gestes à associer à l’écimage fin juillet

L’écimage seul ne suffit pas toujours à optimiser la récolte. Il s’inscrit dans un ensemble de pratiques à adopter simultanément pour obtenir les meilleurs résultats.

Supprimer les gourmands restants

Si vous avez pratiqué l’ébourgeonnage tout au long de la saison, il reste probablement encore quelques gourmands à supprimer. Ces pousses secondaires qui apparaissent à l’aisselle des feuilles consomment de l’énergie sans produire de fruits dans les délais utiles à cette période de l’année. Supprimez-les en même temps que vous réalisez l’écimage.

Effeuiller la base du plant

Fin juillet, il est recommandé de supprimer les feuilles jaunies ou abîmées, notamment celles situées dans la partie basse du plant. Ces feuilles ne participent plus à la photosynthèse, elles encombrent inutilement la plante et peuvent favoriser le développement du mildiou en retenant l’humidité près du sol.

Attention toutefois à ne pas effeuiller excessivement. Les feuilles saines sont indispensables au bon fonctionnement de la plante. On supprime uniquement ce qui est clairement abîmé, jauni ou malade.

Arroser de manière régulière et adaptée

Une fois l’écimage réalisé, les fruits vont grossir rapidement. Ils auront besoin d’un apport en eau régulier et homogène. Des arrosages irréguliers à ce stade favorisent l’apparition de l’éclatement des fruits et de la nécrose apicale, ce point noir qui apparaît au bas des tomates et qui est souvent confondu avec une maladie alors qu’il s’agit d’un problème physiologique lié à un manque de calcium aggravé par des apports en eau erratiques.

Apporter un dernier engrais potassique

La potasse est l’élément nutritif clé de la maturation des fruits. Un apport d’engrais riche en potassium à cette période peut améliorer sensiblement la qualité et la saveur des tomates. Vous pouvez utiliser un engrais spécial tomates du commerce, ou opter pour des solutions plus naturelles comme la cendre de bois diluée dans l’eau d’arrosage, qui constitue une bonne source de potassium.

Ce que l’écimage change concrètement sur vos tomates

Les résultats de l’écimage pratiqué fin juillet sont visibles assez rapidement. En l’espace de deux à trois semaines, les fruits déjà formés grossissent de manière notable. La plante, ne pouvant plus s’étendre vers le haut, redirige toute sa sève vers les grappes en développement.

Sur le plan gustatif, les tomates issues de plants écimés au bon moment sont généralement plus sucrées et plus charnues. La concentration des sucres dans le fruit est directement liée à la quantité d’énergie que la plante a pu y consacrer. Moins la plante se disperse, meilleur est le résultat dans l’assiette.

Sur le plan sanitaire, un plant écimé est aussi un plant moins exposé au mildiou. Une végétation moins dense laisse mieux circuler l’air, ce qui réduit l’humidité ambiante autour des feuilles et des fruits. C’est un facteur protecteur non négligeable à l’approche de l’automne.

Les erreurs à éviter lors de l’écimage

  • Écimer trop tôt : si vous supprimez le bourgeon terminal avant que le plant n’ait formé suffisamment de grappes, vous limiterez inutilement votre récolte. Attendez fin juillet, sauf si votre région connaît des automnes particulièrement précoces.
  • Écimer trop tard : à l’inverse, attendre mi-août ou plus tard ne laisse pas assez de temps aux fruits pour grossir et mûrir avant les premières fraîcheurs.
  • Utiliser des outils sales : couper avec un outil non désinfecté peut transmettre des maladies d’un plant à l’autre. Passez vos lames à l’alcool entre chaque plant.
  • Supprimer les deux feuilles au-dessus de la dernière grappe : comme mentionné plus haut, ces feuilles sont utiles. Ne les coupez pas.
  • Confondre la tige principale et un gourmand : chez un plant mal entretenu où plusieurs tiges se sont développées, il peut être difficile d’identifier la tige principale. Prenez le temps d’observer la structure du plant avant de couper.

Récapitulatif : le bon timing pour un maximum de résultats

ActionPériode idéaleObjectif
Écimage de la tige principaleFin juillet – début aoûtConcentrer l’énergie sur les fruits existants
Suppression des gourmandsTout au long de la saison, jusqu’à l’écimageÉviter la dispersion de la sève
Effeuillage de la baseFin juilletAméliorer la circulation de l’air et limiter le mildiou
Apport d’engrais potassiqueFin juilletFavoriser la maturation et le goût des fruits
Régularisation des arrosagesTout l’été, crucial en aoûtÉviter l’éclatement et la nécrose apicale

Fin juillet, votre jardin n’attend qu’un coup de main pour donner le meilleur de lui-même. L’écimage est ce geste discret, presque anodin en apparence, qui sépare une récolte ordinaire d’une récolte dont on se souvient. Il suffit de quelques minutes par plant pour que la balance penche clairement du bon côté.

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