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Taille de septembre : ces 5 arbustes gagnent à être taillés maintenant, mais pas les autres

Maison 13 SEPTEMBRE 2026 8 min de lecture Nous suivre sur Google

Septembre s’installe doucement, les nuits fraîchissent, et le jardin entre dans une phase de transition que beaucoup de jardiniers ne savent pas vraiment comment aborder.

La question de la taille revient alors systématiquement : faut-il tailler maintenant ou attendre ?

La réponse est moins simple qu’il n’y paraît, parce que tout dépend de l’arbuste dont on parle.

Certains vont profiter de ce moment pour cicatriser avant l’hiver, reprendre de la vigueur et se préparer à une belle floraison au printemps.

D’autres, au contraire, vont souffrir d’une taille automnale et risquent de ne pas s’en remettre facilement.

Voici ce qu’il faut vraiment savoir avant de sortir le sécateur.

Pourquoi septembre est un mois charnière pour la taille des arbustes

Le mois de septembre occupe une place particulière dans le calendrier du jardinier. La sève commence à redescendre vers les racines, la croissance ralentit, et les arbustes entrent progressivement en dormance. C’est précisément cette dynamique qui rend la taille de septembre intéressante pour certaines espèces : les plaies de coupe ont encore le temps de cicatriser avant que le froid s’installe vraiment, et l’arbuste ne va pas gaspiller son énergie à produire de nouvelles pousses fragiles qui seraient immédiatement grillées par le gel.

Mais attention, cette fenêtre est étroite. Une taille trop tardive en automne peut exposer les plaies au gel avant qu’elles aient eu le temps de se refermer. Une taille trop précoce, encore en plein été, peut au contraire stimuler une repousse vigoureuse qui sera vulnérable aux premières gelées. Septembre représente donc un équilibre délicat, et il faut savoir distinguer les arbustes qui en bénéficient de ceux pour lesquels il vaut mieux attendre le printemps.

Les 5 arbustes à tailler en septembre

1. La lavande

La lavande (Lavandula) est sans doute l’arbuste pour lequel la taille de septembre est la plus recommandée. Après la floraison estivale, les tiges florales sont desséchées et la plante a tendance à se lignifier à la base, ce qui lui donne un aspect broussailleux et peu esthétique. Une taille en septembre permet de redonner à la lavande une forme compacte et arrondie tout en stimulant la production de nouvelles feuilles à la base.

La règle à respecter est simple : ne jamais couper dans le vieux bois lignifié. Il faut tailler dans le vert, en retirant environ un tiers des tiges, juste après les dernières fleurs. Une lavande taillée correctement en septembre repart avec beaucoup plus de vigueur au printemps suivant et évite le déchaussement prématuré qui finit souvent par tuer ces plantes.

2. La sauge arbustive

La sauge arbustive (Salvia) se comporte de façon similaire à la lavande. Après une longue période de floraison, les tiges s’allongent, s’affaissent et donnent à la plante une silhouette désordonnée. Une taille en septembre permet de raccourcir ces tiges d’environ un tiers à la moitié, selon la vigueur de la plante.

Cette opération est particulièrement utile pour les variétés qui ont fleuri tout l’été, comme Salvia nemorosa ou Salvia officinalis. La taille automnale leur permet de reformer un coussin dense et compact qui passera bien l’hiver, surtout dans les régions où les gelées restent modérées.

3. Le buddleia

Le buddleia (Buddleja davidii), aussi appelé arbre aux papillons, est un arbuste à la croissance très rapide qui peut atteindre plusieurs mètres en une seule saison. En septembre, une fois la floraison terminée, il est conseillé de procéder à une première taille légère pour réduire la prise au vent et éviter que les longues tiges ne cassent sous le poids de la neige ou lors des tempêtes automnales.

Cette taille de septembre n’est pas la grande taille de printemps, qui elle, se fait en mars et permet de rabattre l’arbuste sévèrement pour stimuler une floraison abondante. Il s’agit ici simplement de raccourcir les tiges d’un tiers environ, d’enlever les fleurs fanées et de donner une silhouette plus équilibrée à l’arbuste avant l’hiver.

4. La potentille arbustive

La potentille arbustive (Potentilla fruticosa) est un petit arbuste très rustique qui fleurit du printemps jusqu’à l’automne. En septembre, une taille légère permet d’éliminer les rameaux qui ont fleuri et de donner à la plante une forme plus nette. Cette opération n’est pas indispensable chaque année, mais elle est bénéfique pour les sujets qui ont tendance à s’étaler ou à se dégarnir à la base.

La potentille supporte bien la taille et cicatrise rapidement. Elle ne nécessite pas de précautions particulières, si ce n’est d’éviter de tailler trop court dans le vieux bois, qui repart difficilement.

5. Le rosier

La question de la taille des rosiers en septembre est souvent débattue. La grande taille, celle qui raccourcit sévèrement les tiges, se fait au printemps. Mais en septembre, il est tout à fait recommandé de procéder à une taille légère dite de nettoyage : supprimer les fleurs fanées, couper les tiges mortes ou malades, et raccourcir légèrement les rameaux trop longs qui risquent de casser ou de faire balancer l’arbuste sous le vent d’automne.

Cette taille légère évite que les rosiers ne produisent des cynorhodons en excès, ce qui mobilise une énergie que la plante pourrait mieux utiliser pour renforcer ses racines avant l’hiver. Pour les rosiers remontants, une taille légère en septembre peut même favoriser une dernière vague de floraison avant les gelées.

Les arbustes à ne surtout pas tailler en septembre

Autant certains arbustes tirent profit d’une taille automnale, autant d’autres peuvent en être sérieusement affectés. La règle générale est la suivante : les arbustes qui fleurissent au printemps sur le bois de l’année précédente ne doivent jamais être taillés en automne, au risque de supprimer tous les boutons floraux déjà formés.

ArbusteRaison de ne pas tailler en septembreMeilleure période de taille
ForsythiaLes boutons floraux du printemps sont déjà formésJuste après la floraison, en avril-mai
LilasRisque de supprimer les futurs boutons florauxAprès la floraison, en mai-juin
MagnoliaTrès sensible aux plaies de coupe en automneFin de l’été, juste après floraison
HortensiaLes vieilles tiges protègent les bourgeons du gelMars-avril, à la reprise de végétation
RhododendronBoutons floraux formés dès l’automneAprès la floraison printanière

L’hortensia mérite une attention particulière. Beaucoup de jardiniers commettent l’erreur de le tailler en automne pour « faire propre ». Or, les vieilles tiges florales jouent un rôle protecteur pour les bourgeons situés en dessous : elles forment une sorte de parapluie naturel qui protège les futurs bourgeons des gelées tardives. Les laisser en place jusqu’au printemps est donc une décision judicieuse, même si l’aspect n’est pas toujours très esthétique.

Les bons gestes pour une taille réussie en septembre

Quelle que soit l’espèce taillée, quelques règles de base s’appliquent systématiquement pour garantir le succès de l’opération.

  • Utiliser des outils propres et bien affûtés : un sécateur mal aiguisé écrase les tissus au lieu de les couper nettement, ce qui ralentit la cicatrisation et favorise les infections fongiques.
  • Désinfecter les lames entre chaque arbuste : cela évite de propager d’éventuelles maladies d’une plante à l’autre. Un simple passage à l’alcool à 70° suffit.
  • Couper en biseau : une coupe en biseau permet à l’eau de pluie de s’écouler et d’éviter la stagnation sur la plaie, source de pourriture.
  • Ne pas tailler par temps de gel : même en septembre, certaines régions peuvent connaître des nuits fraîches. Tailler par temps de gel expose les plaies fraîches à des dégâts importants.
  • Ramasser et composter les déchets de taille : les feuilles et rameaux laissés au sol peuvent abriter des maladies ou des ravageurs qui hiverneront dans le jardin.

Faut-il traiter les plaies de taille en septembre ?

Pendant longtemps, les jardiniers ont eu le réflexe d’appliquer du mastic à greffer ou du goudron de Norvège sur les plaies de coupe pour les protéger. Les recherches menées ces dernières années ont montré que cette pratique n’est pas toujours bénéfique : elle peut au contraire emprisonner l’humidité et favoriser le développement de champignons sous la couche protectrice.

Pour la plupart des arbustes taillés en septembre, les plaies de taille sont suffisamment petites pour cicatriser seules sans aucun traitement. Les cicatrisants restent utiles uniquement pour les coupes de gros diamètre, sur les arbres fruitiers ou les arbustes à bois tendre particulièrement sensibles aux maladies fongiques.

Adapter la taille à son climat régional

La date idéale de taille en septembre n’est pas la même selon que l’on jardine dans le nord de la France, dans le Midi ou en montagne. Dans les régions où les premiers gels arrivent dès octobre, il vaut mieux tailler dans la première quinzaine de septembre pour laisser aux plaies le temps de cicatriser. Dans les régions méditerranéennes, où l’automne reste doux, la taille peut se prolonger jusqu’en octobre sans risque particulier.

La connaissance de son propre jardin et de son microclimat est souvent plus précieuse que n’importe quel calendrier général. Un jardin exposé au nord, dans un creux de terrain où le gel s’installe tôt, ne se gère pas de la même façon qu’un jardin en pente douce orienté au sud, même s’ils se trouvent dans la même région.

Ce que révèle l’état de vos arbustes sur la taille à effectuer

Avant de saisir le sécateur, il est utile d’observer attentivement ses arbustes. Un arbuste qui a souffert de la sécheresse estivale, dont les feuilles sont jaunies ou dont les tiges montrent des signes de stress, n’est pas dans les meilleures conditions pour supporter une taille. Mieux vaut dans ce cas attendre le printemps et lui laisser le temps de récupérer.

À l’inverse, un arbuste vigoureux, bien feuillu, avec des tiges souples et saines, supportera parfaitement une taille de septembre et en bénéficiera pleinement. L’observation reste le meilleur guide, bien avant les calendriers et les règles générales. Chaque jardin est différent, chaque arbuste a son histoire, et c’est cette attention portée aux plantes qui fait la différence entre un jardinier qui réussit ses tailles et un autre qui s’étonne de voir ses arbustes dépérir après chaque intervention.

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