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Volets mal utilisés en hiver : cette habitude courante qui fait grimper votre facture de chauffage

Maison 31 OCTOBRE 2026 7 min de lecture Nous suivre sur Google

Fermer les volets dès la tombée de la nuit en hiver semble être un réflexe logique.

On se dit que ça va retenir la chaleur, créer une barrière supplémentaire contre le froid, et au final, faire des économies sur la facture de gaz ou d’électricité.

Sauf que la réalité est un peu plus nuancée que ça.

Selon la façon dont vous gérez vos volets tout au long de la journée, vous pouvez soit réduire vos pertes de chaleur, soit les aggraver sans même vous en rendre compte.

Une mauvaise habitude, ancrée depuis des années, peut suffire à annuler tous vos efforts d’isolation.

Ce que les volets peuvent vraiment faire pour votre isolation thermique

Il faut d’abord remettre les choses à leur place : les volets ne sont pas des équipements d’isolation thermique à proprement parler. Ils ont été conçus à l’origine pour protéger les fenêtres des intempéries, assurer la sécurité et bloquer la lumière. Leur rôle dans l’isolation est secondaire, mais pas négligeable pour autant.

Quand un volet est fermé, il crée une lame d’air entre lui et la vitre. Cette lame d’air, si elle est suffisamment épaisse et immobile, peut jouer un rôle d’amortisseur thermique. Elle ralentit les échanges de chaleur entre l’intérieur chaud et l’extérieur froid. C’est ce qu’on appelle la résistance thermique additionnelle. Elle est modeste, mais réelle.

Des études menées par des organismes spécialisés dans la performance énergétique des bâtiments, comme le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), ont montré que des volets fermés la nuit pouvaient réduire les déperditions thermiques par les fenêtres de l’ordre de 10 à 15 % selon le type de volet. Ce chiffre monte un peu avec des volets épais, bien ajustés, sans interstices.

Mais voilà où le bât blesse : pour que cet effet soit bénéfique, encore faut-il que les volets soient utilisés au bon moment et de la bonne manière.

L’erreur que font des milliers de Français chaque hiver

L’habitude la plus répandue et la plus contre-productive est simple : garder les volets fermés pendant la journée en hiver, sous prétexte qu’il fait froid dehors et qu’on veut conserver la chaleur à l’intérieur.

C’est une erreur. Une vraie. Et voici pourquoi.

En hiver, même quand les températures sont basses, le soleil reste une source d’énergie gratuite et puissante. Les rayons solaires qui traversent une vitre réchauffent directement les murs, les sols et les objets à l’intérieur de la pièce. Ce phénomène, appelé apport solaire passif ou effet de serre naturel, peut élever la température d’une pièce exposée au sud de plusieurs degrés sans aucune dépense d’énergie.

En fermant les volets pendant la journée, vous bloquez cet apport gratuit. Votre système de chauffage doit alors compenser seul, en consommant plus d’énergie. Vous pensiez économiser, mais vous faites exactement l’inverse.

Des spécialistes en thermique du bâtiment estiment que les apports solaires passifs peuvent couvrir, dans certaines configurations, entre 10 et 25 % des besoins en chauffage d’un logement bien orienté. Gâcher cela en tirant les volets le matin revient à jeter de l’argent par la fenêtre, au sens presque littéral du terme.

Le bon rythme pour utiliser ses volets en hiver

La règle est en réalité assez simple une fois qu’on l’a comprise. Elle repose sur un principe de bon sens thermique :

  • Le jour : ouvrez les volets dès que le soleil se lève, surtout sur les façades exposées au sud, à l’est le matin et à l’ouest l’après-midi. Laissez entrer la lumière et la chaleur solaire gratuite.
  • Le soir : fermez les volets dès que la luminosité baisse, avant même que la nuit soit complètement tombée. C’est à ce moment que les déperditions thermiques par les vitres s’accélèrent.
  • La nuit : maintenez les volets fermés toute la nuit pour limiter au maximum les pertes de chaleur vers l’extérieur.

Ce cycle ouverture/fermeture, calé sur le rythme du soleil plutôt que sur vos habitudes personnelles, peut sembler contraignant. Mais il peut réellement faire une différence sur votre consommation énergétique mensuelle.

Les façades exposées au nord : un cas particulier

Sur une façade exposée au nord, la logique change légèrement. En hiver, le soleil ne donne pratiquement jamais directement sur ces fenêtres. Il n’y a donc pas ou très peu d’apports solaires passifs à récupérer.

Dans ce cas, il peut être judicieux de laisser les volets fermés plus longtemps, voire une bonne partie de la journée si la pièce est peu utilisée, pour limiter les échanges thermiques avec l’extérieur. Mais attention : une pièce plongée dans l’obscurité totale sera plus difficile à chauffer psychologiquement, et le manque de lumière naturelle a des effets bien documentés sur le moral et la concentration.

Le compromis consiste à entrouvrir les volets pour laisser passer la lumière diffuse sans créer de courant d’air froid, si la conception du volet le permet.

L’état des volets compte autant que leur utilisation

Un volet qui joue son rôle thermique est un volet en bon état. C’est une évidence qu’on oublie souvent. Des lames de volet abîmées, déformées ou mal réglées laissent passer des filets d’air froid qui annulent complètement l’effet d’isolation.

Voici les points à vérifier régulièrement :

  • Les interstices entre les lames : sur les volets battants en bois ou en PVC, les lames peuvent se déformer avec le temps et laisser des espaces.
  • Les joints de calfeutrage : autour du cadre du volet, des joints usés ou absents permettent à l’air froid de s’infiltrer.
  • Le calfeutrage au niveau de la fenêtre elle-même : un volet fermé ne sert à rien si la fenêtre qu’il protège est mal isolée. Les deux doivent fonctionner ensemble.
  • Le type de volet : les volets roulants avec tablier isolant offrent une bien meilleure résistance thermique que les volets battants traditionnels en bois mince.

Volets roulants, battants ou persiennes : lequel isole le mieux ?

Tous les volets ne se valent pas face au froid. Il y a des différences notables selon les modèles.

Type de voletIsolation thermiquePoints fortsPoints faibles
Volet roulant avec tablier isolantBonne à très bonneLame d’air emprisonnée, peu d’intersticesCoût plus élevé à l’achat
Volet battant en bois épaisCorrecteMatériau naturellement isolantSe déforme avec l’humidité
Volet battant en PVCMoyenneEntretien facileMoins isolant que le bois
PersienneFaibleLaisse passer l’air et la lumièreTrès peu d’effet thermique

Si vous avez des volets roulants, vérifiez que le coffre de volet roulant, situé en haut de la fenêtre, est bien isolé. C’est souvent par là que les pertes de chaleur sont les plus importantes, car ces coffres sont rarement isolés correctement dans les logements anciens.

Combiner volets et rideaux thermiques pour maximiser l’effet

Les volets ne sont pas les seuls alliés contre le froid hivernal. Associés à des rideaux thermiques ou des doubles rideaux épais, ils forment une barrière bien plus efficace contre les déperditions par les fenêtres.

Le principe est le même : créer des couches successives qui piègent l’air et ralentissent les échanges thermiques. Un rideau épais fermé derrière un volet fermé peut améliorer sensiblement le confort ressenti dans une pièce, même sans toucher au thermostat.

Attention cependant à ne pas créer une zone trop froide entre le rideau et la fenêtre si le volet est ouvert. Dans ce cas, l’air froid peut stagner entre les deux et créer une sensation d’inconfort près des fenêtres.

Quelques chiffres pour mesurer l’impact réel

Pour donner une idée concrète de ce que représentent les pertes thermiques par les fenêtres, voici quelques données issues des travaux de l’Agence de la transition écologique (ADEME) :

  • Les fenêtres et les parois vitrées représentent en moyenne 10 à 15 % des déperditions thermiques d’un logement mal isolé.
  • Dans un logement avec des fenêtres simple vitrage, ce chiffre peut monter bien au-delà.
  • Fermer correctement les volets la nuit peut réduire ces déperditions de manière significative, surtout en l’absence de double ou triple vitrage.

Ces chiffres montrent que les fenêtres ne sont pas le poste de déperdition le plus important (les murs et le toit le sont davantage), mais qu’ils restent un levier d’action accessible à tous, sans travaux et sans dépense.

Automatiser l’ouverture et la fermeture des volets

Pour ceux qui ont du mal à adopter une routine d’ouverture et de fermeture calée sur le soleil, les volets roulants motorisés avec programmation sont une solution de plus en plus accessible. Certains modèles intègrent des capteurs de luminosité qui déclenchent automatiquement l’ouverture ou la fermeture en fonction de l’ensoleillement réel.

Couplés à un système de domotique, ces volets peuvent s’intégrer dans une gestion globale du logement qui optimise à la fois le chauffage, l’éclairage et les apports solaires. Le coût d’installation reste un frein pour beaucoup, mais les économies générées sur plusieurs années peuvent justifier l’investissement, surtout dans les régions où les hivers sont longs et froids.

L’essentiel à retenir reste simple : un volet bien utilisé est un volet ouvert quand le soleil brille et fermé dès que la lumière décline. Cette habitude, gratuite et immédiate, est l’une des plus efficaces pour réduire sa consommation de chauffage sans sacrifier son confort.

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